À mon frère

Moi! Dit la vie
Je suis ton arbre
Et je suis ta mémoire
Je suis le présent
Le passé et l’avenir
En toi j’ai rassemblé
Ma force d’éternité
Je suis le pépin, le noyau
Je suis le grain, je suis
La sève, le tronc, les branches
Je suis les feuilles et les fleurs
Et la lumière est mon oiseau
Et la lumière est mon enfance
Je suis le fruit et la saveur
Et je rayonne dans la nuit
Moi! Dit la vie
Je suis ton arbre
Et dans ton arbre
Je fais mon nid.

Pensée d’octobre

(reprise et polissage)

Une image, un navire au fond de toi,

pas en naufrage mais chahuté par de grands vents

et les ténèbres pour océan.

Tu as pensé l’aube frisante dans l’herbe nue et fraîche d’une méditation

Ton cœur a laissé comme un creux de sable que la mer a comblé.

Passant de l’éphémère au grain de la beauté

Le jour a glissé sur ton front de silence

comme un lézard dans la fente d’une pierre,

Encore un peu de ciel dans le cristal d’une prière.

Un navire et déjà, un port dans le silence de l’être

Un au-delà au dedans de soi-même.

Là où tu es silence

Fais halte un instant

Vois, regarde, ressens

Le matin est le matin

Dans sa tranquille plénitude

Ainsi chaque heure du jour

Chaque semaine chaque mois

Et ainsi tout de l’an.

Fais halte un instant

Là où tu es

Au lieu de ta présence

Laisse monter, laisse venir

Laisse faire le monde

Dans le jardin fécond de ton silence.

Cadence d’été

Voila passé tout un matin sur la plage

Ombre d’abord aux pieds de la falaise

Et le soleil, et le chuhintement de la mer.

Ensuite une bière, un café

Sur la place bondée en attendant les femmes.

On a rien de précis dans la tête

Le coeur est au solstice et se laisse cadencer

Par la chute du temps dans le bourdonnement proche du marché.

L’intime d’un chemin

Quand tu seras parti, ils déploieront leurs ailes les oiseaux de l’enfance qui se tenaient près de toi, dans l’arbre de ton âme, dans l’âme de ta nuit et puis s’envoleront dans un été où les pollens migrent autour de la terre intime en cherchant quelques fleurs comme on cherche un chemin dans le coeur d’un ami pour refleurir le silence d’être ici.

Solstice de l’instant

À force de regarder les paysages

Mes yeux sont devenus espace

Le vent a caressé ma peau

Et dévêtu de leurs images les pensées inutiles

Je me suis retrouvé nu face à la pierre du jour

Où le lézard du temps scandait l’âme du monde

sous un soleil de juin

Au solstice sacré de l’instant.