Élégie…suite

J’ouvrais des golfes de verdure aux consonnes

Je les voyais dansantes comme flammes au-delà de mon corps dans les buissons du rêve,

Dans le sommeil et dans les champs que toujours je contemple quand ils sont labourés.

La puissance de peu prenait toute mon âme dans son geste d’eau claire.

J’aimais garder le souvenir de gestes simples comme don du matin

Et le soir, tendant aux ombres qui montaient ce butin décanté,

Je traçais un passage de rien sur la dune de mes sables pour ne pas m’égarer.

Élégie

Il ne fallait pas grand chose pour que s’ouvre comme une baie le large aux mouvements marins de mes pensées.

Le plus dur était le calme et le silence après de longues marches délavées.

Le lin de la maison dans l’antre de mes yeux tremblait aux moindres oraisons.

J’attendais le passage des grues dans un ciel de camargue que jamais je n’avais respiré.

Et cependant le bruissement de l’attente était bien l’aile qui pense la résistance et la chaleur à son toucher.

Feuillets

Sais-tu que les mots vivent

Dans les maisons de nuit

Quand dorment les enfants.

***

Rien de pire

Qu’une mémoire sans abri

Rien de mieux

Qu’un souvenir de lait.

***

Que se perde ou non ton chemin

Grave dans l’air

Ce que le vent donne à tes lèvres

Et te met dans la main.

***

De peur que meure le silence

Garde les mots entre-ouverts

***

Lire la nuit

Après tout, ne relis pas ce que tu viens d’écrire

Pas maintenant, tu avais le coeur

Plein de pensées, de questions, de désirs

Et tu as laissé ta main écrire sur les chemins qui venaient là

Indéfinis sous tes pas d’impatience.

Et c’était comme si à travers le tumulte des eaux plus ou moins sombres

Tu essayais de lire la traversée de la lumière

Sous la nuisette étoilée de la nuit.

Ce que je sais de moi

Ce que je sais de moi, je le sais quand tu m’éclaires et ce que je ne sais pas je n’en sais rien tant que ma nuit n’est pas sur ton visage. (Non pas R.Char mais St.Augustin).

Pour moi c’est comme aller, marcher

Et peu-importe où…et puis soudain une floppée d’oiseaux s’échappe de ta main.

Ce n’est pas un mot

Plutôt une image

Il n’y a pas d’écran

Elle se tient-là portée

Par le silence de l’instant.