Là où tu es silence

Fais halte un instant

Vois, regarde, ressens

Le matin est le matin

Dans sa tranquille plénitude

Ainsi chaque heure du jour

Chaque semaine chaque mois

Et ainsi tout de l’an.

Fais halte un instant

Là où tu es

Au lieu de ta présence

Laisse monter, laisse venir

Laisse faire le monde

Dans le jardin fécond de ton silence.

Cadence d’été

Voila passé tout un matin sur la plage

Ombre d’abord aux pieds de la falaise

Et le soleil, et le chuhintement de la mer.

Ensuite une bière, un café

Sur la place bondée en attendant les femmes.

On a rien de précis dans la tête

Le coeur est au solstice et se laisse cadencer

Par la chute du temps dans le bourdonnement proche du marché.

L’intime d’un chemin

Quand tu seras parti, ils déploieront leurs ailes les oiseaux de l’enfance qui se tenaient près de toi, dans l’arbre de ton âme, dans l’âme de ta nuit et puis s’envoleront dans un été où les pollens migrent autour de la terre intime en cherchant quelques fleurs comme on cherche un chemin dans le coeur d’un ami pour refleurir le silence d’être ici.

Solstice de l’instant

À force de regarder les paysages

Mes yeux sont devenus espace

Le vent a caressé ma peau

Et dévêtu de leurs images les pensées inutiles

Je me suis retrouvé nu face à la pierre du jour

Où le lézard du temps scandait l’âme du monde

sous un soleil de juin

Au solstice sacré de l’instant.

l’Inaltérable de ton nom

Nous avons marché tant de chemins ensemble,

déchiré tant d’étoiles sans le savoir,

froissé tant d’innocence que nous prenions pour du vent

et nous voilà perdu à chercher d’autres mains comme on divague

ivre d’avoir bu trop le temps, les yeux brûlés

sans avoir vu que l’eau fraîche de vivre était l’eau nue de nos coeurs oubliés.

Et toi qui m’as suivi, qui a porté dans la douleur mes silences tristes…

laisse-moi partir à l’avant de ton ombre

et qu’une fois au moins je peigne d’un regard

la forme inaltérable de ton nom.